ONE CLOSET ONE LIFE inspiration comes from everywhere

Guillaume

IMG_1736

Le skate est partout en ce moment! dans la rue déjà, encore plus qu’avant, mais aussi dans les campagnes publicitaires des marques de luxe, dans nos magazines féminins préférés, sur les blogs de mode, et même dans les vitrines des Galeries Lafayette! Allez faire un tour du côté d’Haussmann pour les parisiens ca vaut le coup d’œil.

La mode s’est appropriée le style skateur, et les deux univers semblent se mélanger à la perfection. La collaboration de Vans avec Kenzo en est un bon exemple, c’est une vraie réussite, tous les modèles sont quasiment sold out dés leur sortie!

Alors pour parler de cette tendance je voulais interroger quelqu’un qui connait bien l’univers du skate, et qui mieux qu’un skateur pour ça? En plus, Guillaume est un des meilleurs dans sa discipline, il suffit de regarder son CV. Skateur professionnel, il a aussi ouvert un skateshop dans le sud il y a un an. Il nous parle de cette “tendance skate”, de son parcours et de cette sous-culture qui personnellement me fascine beaucoup.

 

  • Comment as-tu découvert le skate ?

J’ai commencé le skate à 12 ans et demi avec mes potes d’enfance, Jérémy et Lucas. On faisait du roller tous ensemble et un jour Jérémy a ramené une planche de skate, on a tous kiffé et on s’est mis au skate !

  • On voit un vrai engouement pour l’univers du skate, est-ce que toi en tant que skateur tu as vu une évolution ?

Les skateurs ont toujours été les précurseurs de la mode, et la mode nous a toujours un peu « pompé ». On n’a jamais voulu suivre les tendances, on s’est toujours démarqué mais au final la mode nous a rattrapé.

En ce moment c’est la mode des chinos par exemple, c’est nous qui l’avons lancée, comme la mode des slims.  Aujourd’hui on en voit partout chez H&M et d’autres marques. Nos marques de skate réagissent à ça car elles ne veulent pas que les skateurs deviennent des icônes de mode, ou dans une certaine mesure en tout cas, le skate reste une sous-culture avant tout mais une High culture.

On voit de plus en plus de skateurs, alors que dans les années 1990 c’était assez minime. C’est depuis les années 2000 que le skate est redevenu populaire dans la mode, avant on était vraiment  « out of law » avec nos gros baggy … mais on s’est affiné avec les années.

Après il faut aussi savoir que le style skate est très lié à la musique. Chaque skateur va écouter un style musical qu’il s’approprie dans son style vestimentaire.

  • C’est quoi le look skateur en ce moment ? Vous écoutez quoi comme musique ?

En ce moment les skateurs écoutent un peu de tout, ca reste folk, pop, rock mais il y a aussi un gros engouement pour le rap. Avant les rappeurs et les rockeurs avaient un style dissocié, les rockeurs en slim et les rappeurs en XXL. Mais maintenant il y a des groupes de rap, type Odd future ou d’autres qui s’habillent avec des chinos ou des slims. Du coup tous les gens qui écoutent du rap, les kairas de l’époque aussi, sont en train de s’habiller comme des skateurs. C’est en train de devenir un style unitaire et plusieurs branches se rallient au même style vestimentaire, c’est un vrai phénomène sociologique !

  • Que penses-tu de l’utilisation de la culture skate par les marques de luxe ? (Céline, Kenzo…)

Souvent ce ne sont pas des skates qu’ils utilisent mais des cruisers. C’est une planche un peu plus petite avec des roues molles, pour aller se balader dans la rue ou acheter sa baguette avec. Il y a une vraie mode en ce moment parce qu’ils ont sorti les skates en vinyle, des skates en plastique, et c’est la grosse vente de 2012 pour les magasins. Toutes les marques de luxe, et même celles moins luxe comme Lacoste, essayent de redorer et rajeunir leur image en mettant des skates. Ils ne les vendent même pas c’est juste de l’image.

Aujourd’hui ont voit pleins de filles avec des petit cruisers dans Vogue, car ils veulent coller avec la tendance, mais si ca se trouve l’année prochaine ca sera une trotinette !

C’est de la tendance, au final ce n’est pas nous qui choisissons mais c’est bon pour nous.

 

celine-skateboard

 Campagne presse Céline Printemps-Eté 2011

 Vans-x-Kenzo

Collaboration Vans x Kenzo

  • Justement, est-ce que cet engouement a servi le skate ou au contraire a un peu détruit une culture underground ?

C’est bien pour le skate si nos marques restent, mais le problème en ce moment c’est que des géants comme Nike ou Adidas lancent leurs lignes de chaussures de skate et prennent des parts de marché aux petites marques comme Etnies, je ne vais pas citer Vans qui reste quand même égale à Nike.  D’un côté je trouve ca bien car ils injectent énormément d’argent mais d’un autre côté il y a moins de marques dans la chaussure de skate.

Et c’est vrai qu’avec tout cet engouement on est plus underground comme avant, on est devenu trop populaire. C’est bien quelque part, car ca va nous permettre d’avoir des skateparks et des infrastructures. Mais moi si j’ai fait du skate c’est parce que je trouvais ca rebelle,  que c’était cool et que ca m’apportait des sensations. Même si j’aimerais voir le skate aux jeux Olympiques et faire les jeux Olympiques, ça n’a aussi rien à voir avec nous.

  • En tant que skateur pro, quelle est ta plus belle victoire en compétition ?

Financièrement je dirais que c’était à Hambourg pour le Vans Downtown Showdown ou j’avais gagné 10 000 euros, j’étais bien content.

Et ma plus belle performance je dirais que c’est quand j’ai gagné la coupe du monde à Marseille et que j’avais le staphylocoque.

  • Qui sont tes sponsors ? Comment marche le système des sponsors ?

Mes sponsors sont Element en planche et en fringues, Converse pour les shoes, Savateskatesocks, une marque de chaussettes de Paris qui défonce, mon magasin Papatoro à Cannes et Rockstar la boisson d’energy drink.

Pour attirer les sponsors il faut avant tout skater, être passionné, être talentueux dans son skate mais aussi savoir dealer avec des sponsors, je ne suis pas très bon à ça d’ailleurs. C’est un peu comme un entretien d’embauche. Après, le lien qu’on tisse avec ses sponsors est plus fort qu’avec un patron car on traite avec des gens qui ont la même passion que nous et qui restent des skateurs. Le but du jeu c’est de skater, faire des photos, des vidéos, gagner des compétitions, porter la marque et ne pas être négatif envers elle.

  • Comment est née ta boutique Papatoro ?

Je voulais faire quelque chose d’autre de ma vie que le skate, je voulais construire quelque chose. Je savais que je pouvais le faire car je suis du bâtiment et je pouvais faire une belle boutique de mes mains et m’appuyer sur mon image pour faire perdurer mon entreprise. Je connaissais Vincent Polizzi et sa femme Caroline, qui ont la boutique Mamatoro à Cannes. On a décidé de s’associer tous les trois pour créer Papatoro.

On a ouvert en Mai l’année dernière, ca va faire bientôt un an. Tout se passe bien on est très content on fait les choses petit à petit. On avait beaucoup de projets comme créer une galerie d’art et un salon de thé. Pour l’instant on a le skateshop et la galerie d’art, qu’on est en train de finir. Elle fait 170 mètres carré et on expose des artistes de street art.

  • Quel rapport entretien le skate avec le street art justement?

Le street art c’est l’art de la rue, et comme le skate vient aussi de la rue on les  associe souvent. Les skateurs sont d’ailleurs souvent des grapheurs ou des artistes. En plus, on peut faire plein de choses avec un skate, ca peut être une œuvre d’art, tu peux la découper par exemple. J’ai rencontré la princesse de Dubai qui s’intéresse au skate, elle a organisé une exposition uniquement avec des planches de skates faites par des femmes. C’était hallucinant, une fille a découpé  une planche pour en faire une chaussure à talon. C’est du street art, ou du skate art !

  • Comment procèdes-tu pour la sélection des marques ?

Avant tout je choisi une marque pour la qualité du produit, si je sais qu’elle va bien se vendre, parce que j’y crois et parce que je l’aime.

  • Quelle est la place des filles dans le monde fermé du skateboard ?

C’est un sport assez masculin, mais mon ex copine skate très bien ! Elles ont une place mais qui reste minime, il y en a très peu qui gagnent leur vie avec ca, peut-être cinq, et seulement aux Etats-Unis. Il n’y a pas beaucoup de filles qui ont vraiment un bon niveau, elles sont encore loin des mecs.

Et c’est un sport violent, il ne faut pas être une fille normale pour faire du skate !

Il y a un mec qui a changé de sexe, et il expliquait que depuis qu’il était devenu une fille, il ressentait la douleur 10 fois plus que quand c’était un homme.

  • Pour finir, des bonnes adresses à Cannes ?

Balthazar café, Kingdom pub, Mamatoro, Papatoro et Sur le pouce snack.

 

IMG_0911

Vitrine des Galeries Lafayette Haussmann

hanneli-mustaparta-skater-wardrobe-04_145423247271_jpg_article_gallery_slideshow_v2

Vogue

0924111

Bloggeuse

Leave a Reply

Your email address will not be published. Required fields are marked *

You may use these HTML tags and attributes: <a href="" title=""> <abbr title=""> <acronym title=""> <b> <blockquote cite=""> <cite> <code> <del datetime=""> <em> <i> <q cite=""> <strike> <strong>

Post Navigation